L’hippopotame

L’hippopotame

5 mars 2020 0 Par Arnaud Fleury

 

L’hippopotame est emblématique des marais de l’Okavango.

Lors d’un safari dans le Nord-Ouest du Botswana, vous rencontrerez l’hippopotame dans les rivières, les plaines inondables et les marais du delta de l’Okavango ou au fil de la rivière Chobe. Ne le sous-estimez jamais car sous ses airs patauds, c’est un animal vif et imprévisible qui peut se montrer très agressif. Il est à juste titre considéré comme l’un des animaux les plus dangereux d’Afrique et les accidents graves ou mortels ne sont pas rares.

Un peu d’histoire des origines…

Contrairement à ce que pensait Carl Von Linné* lorsqu’il le nomma « Hippos Potamos », le « cheval du fleuve » en faisant référence à son mode de vie semi-aquatique, l’hippopotame n’a aucun lien avec le cheval.  Les études moléculaires, ADN et fossiles les plus récentes ont montré que ses plus proches parents seraient en fait les cétacés, donc les baleines, dauphins et les marsouins, avec qui il partagerait un ancêtre commun il y a environ 60 millions d’années.

* Naturaliste suédois qui posa les bases de la classification du vivant au 18ème siècle

Certains ancêtres des hippopotames aujourd’hui disparus vécurent en Europe et au Moyen-Orient avant la dernière ère glaciaire. L’hippopotame moderne a disparu du Nord de l’Afrique où il était présent.

Les populations d’hippopotames se répartissent aujourd’hui en Ouganda, au Soudan, au nord du Congo, au nord de l’Ethiopie, en Gambie, Kenya, Tanzanie, Mozambique et en Afrique Australe (Botswana, Zimbabwe, Afrique du sud et Zambie).

Un poids lourd… capable de pointes de vitesse !

L’hippopotame fait partie des animaux terrestres les plus lourds, n’étant surpassé en poids que par l’éléphant et certains rhinocéros.

Un mâle adulte pèse en moyenne 1500 kg mais continue à grossir tout au long de sa vie, certains individus dépassant largement les 2 tonnes, tandis que la femelle pèse en moyenne 1300 kg et atteint ce poids maximal vers 25 ans.

Bien que passant beaucoup de temps dans l’eau et ayant les pieds palmés, les hippopotames sont de piètres nageurs et flottent assez mal. Une fois sous l’eau, ils peuvent, par contre, se déplacer sur le fond  en marchant ou par petits bonds.

Contrairement aux apparences, une fois hors de l’eau, l’hippopotame peut atteindre 30 km/h sur une courte distance pour mener une charge très impressionnante.

Hippopotame (Hippopotamus amphibius) dans le delta de l’Okavango.

Sa morphologie et son alimentation

Un adulte mesure environ 1.5m au garrot et 3.5 à plus de 4m de long.

L’hippopotame est semi-aquatique et passe donc la majorité de la journée dans les plans d’eau qu’il affectionne.

Ses yeux, oreilles et narines sont situés au sommet de son crâne, permettant ainsi le fonctionnement de ces organes lorsque le reste du corps est immergé.

Quand il plonge, ses narines se ferment et ses oreilles se replient. Quand il refait surface, les narines s’ouvrent quand il expire, ses oreilles se redressent, projetant ainsi une pluie fine de gouttelettes.

Hippopotame - Okavango delta

Les projections de l’hippopotame lorsqu’il sort la tête de l’eau

La large et impressionnante gueule de l’hippopotame

Sa mâchoire est puissante et il sait exhiber d’impressionnantes canines (environ 50 cm et jusqu’à 70cm) et incisives (environ 40cm) qu’il utilise pour le combat et qui s’aiguisent en frottant l’une contre l’autre.

Il utilise ses larges lèvres pour brouter et mastique avec ses molaires les près de 70Kg d’herbes et de plantes aquatiques de son régime herbivore quotidien. Il possède pas moins de 3 estomacs mais ne rumine pas . Pour se nourrir, il passe 4 à 5 heures chaque nuit sur les berges et pâturages environnants, créant de véritables routes et participant ainsi à l’équilibre végétal des berges ..

Il contribue de même activement au développement du plancton végétal (diatomées) grâce aux excréments qu’il libère dans l’eau. Ces excréments sont aussi utilisés pour délimiter leur territoire sur les berges où ils sont expulsés avec véhémence par des mouvements rapides de la queue.

 

 

 

 

L’hippopotame a une peau fragile, de couleur brune, grise ou pourprée, nuancée de rose, avec quelques poils laineux clairsemés sur la partie supérieure du corps chez les jeunes, mais on ne trouve plus que des soies courtes et épaisses chez l’adulte, souvent frisées au niveau du museau, des oreilles et de la queue. Quand il est à l’air libre et exposé aux UV, la peau de l’hippopotame sécrète une substance brun/rouge visqueuse qui la protège de la brulure du soleil et de l’assèchement.

Il doit cependant retourner régulièrement à l’eau pour préserver sa peau mais aussi pour assurer sa thermorégulation car il ne possède pas de glandes sudoripares.

Leur durée de vie est comprise entre 40 et 50 ans.

Son comportement et sa reproduction

Bien que vivant en groupes où ils se tolèrent et acceptent le contact, les hippopotames sont territoriaux et peu sociables. Les troupeaux sont formés d’un mâle dominant, de mâles soumis et de femelles, comportent généralement de 10 à 15 hippos, voire jusqu’à 50 hippos, et peuvent parfois atteindre de plus grandes densités. Des groupes de mâles solitaires exclus peuvent aussi se former. Ils peuvent être très agressifs entre eux, une femelle défendant son petit ou un mâle défendant son territoire et n’hésiteront pas à s’attaquer aux intrus.

Leur langage caractéristique est un cri puissant combinant grognements et mugissements.

Concernant sa reproduction, l’hippopotame atteint sa maturité sexuelle aux environs de 3 à 4 ans, les femelles attendent 8/9 ans avant de se reproduire et le cycle des naissances est espacé de 2 ans. Après un accouplement aquatique et une gestation de 8 mois, les femelles s’isolent pour donner naissance à un petit (20 à 50Kg) et ne rejoindront le troupeau qu’après 10 à 40 jours. La mère et son petit tissent des liens forts, la mère portant dans l’eau son petit sur son dos ou son cou. Les bébés son capables de téter sous l’eau et le sevrage se fait au bout de 8 mois. Les petits sont parfois regroupés sous la surveillance d’autres femelles pour permettre à la mère d’aller se nourrir.

L’animal le plus dangereux d’Afrique ?

S’attaquant à ses congénères ou à d’autres animaux qui se sont introduits sur son territoire, sur terre ou dans l’eau, l’hippopotame est aussi responsable chaque année en Afrique de nombreux décès chez les humains, jusqu’à 500 annuellement ce qui est plus que les lions ou les éléphants.

L’hippopotame représente donc un réel danger pour l’homme et doit être approché avec beaucoup de précautions. Ses chiffres sont cependant à pondérer face aux décès liés aux serpents ou aux moustiques qui tuent plusieurs milliers d’africains chaque année.

Bien que non menacé au Botswana, l’hippopotame fait face à des sécheresses répétées, au braconnage et à une réduction de son territoire sous la pression humaine en dehors des zones protégées.