La Girafe

La Girafe

14 avril 2020 0 Par Arnaud Fleury

Plus grand animal terrestre, dotée de fonctions anatomiques étonnantes, la girafe mérite qu’on lui porte attention!

 

Classe : Mammifères – Ordre :  Cétartiodactyles – Famille : Giraffidés – Genre Giraffa

Les chiffres clés de la girafe

Hauteur au garrot: 2,6 – 3,5 m (Variable selon l’espèce)
Hauteur totale: 3,5 à 5 m (record 5,9 m) (Variable selon l’espèce)
Poids: de 1100 Kg  à plus de 1500Kg pour le mâle et 700 Kg à 1200Kg pour la femelle.
Longueur du cou: Environ 2 mètres
Longueur de la queue: 75 à 150 cm
Gestation: 14 à 15 mois, environ 400 à 470 jours
Nombre de petits par portée: 1
Longévité: 15 à 20 ans à l’état sauvage, 25 à 30 ans en captivité.

Sous-espèces et Répartition géographique

L’espèce se scinde en 9 sous-espèces pour Giraffa (une étude génétique de 2016 en propose 6) :

Sous-Espèce Nom Commun Répartition Géographique
Peralta girafe d’Afrique de l’Ouest Niger
Antiquorum girafe de Kordofan Cameroun, Tchad, République Centre Africaine, Soudan
Camelopardalis girafe de Nubie Sud Soudan, Ethiopie.
Reticulata girafe réticulée Ethiopie, Somalie, Kenya.
Rothshildi girafe de Rothshild Kenya, Ouganda.
Tippelskirchi girafe Masaï Kenya, Tanzanie, Rwanda
Thornicrofti girafe de Thornicroft Zambie
Angolensis girafe d’Angola Botswana,Namibie, Zimbabwe
Giraffa girafe du Cap Afrique du Sud, Zimbabwe, Botswana, Mozambique.

Etymologie et origines

Illustration de Buffon.

« Girafe » trouve son origine dans l’arabe « Zarâfah ».

« Camelopardalus » vient du latin «Camelus» pour son cou allongé semblable au chameau et de «Pardalis» pour sa robe panthère (léopard).

Tout commence, pour les ancêtres de la girafe, il y a quelque 20 millions d’années (au Miocène supérieur). Cette famille d’animaux que l’on appelle girafidés a sans doute un ancêtre commun avec la famille des bovidés puisqu’ils sont tous deux ruminants. Venues du sous-continent Indien, elles arrivent en Afrique il y a environ 6 à 7 millions d’années. Les girafidés semblent avoir été prospères jusqu’à une époque assez récente. Aujourd’hui, il ne reste plus que deux genres, la girafe africaine (Giraffa camelopardalis) et l’okapi (Okapia johnstoni).

 

 

 

 

Description

La girafe est le plus grand des animaux terrestres.

Les taches de la robe de la girafe sont sa carte d’identité. Dès la naissance, elles sont présentes en modèle réduit. La forme restera mais les taches vont grandir ainsi que les espaces entre elles. La couleur de la robe fonce avec l’âge.

Les deux sexes portent des ossicônes, plus développés et plus épais chez le mâle. La girafe est le seul mammifère qui nait avec ces ossicônes, à l’état de cartilage, et ils sont déjà présents chez l’embryon.

Les ossicônes sont recouverts de peau et le sommet est encerclé par des poils noirs. Chez le mâle, ces poils deviennent moins visibles avec l’âge, le sommet devenant pelé et poli au fil des combats.

La girafe marche à l’amble (elle avance les pattes avant et arrière du même côté en même temps) comme le chameau ou l’ours. Le cou, grâce à un muscle le tirant vers l’avant, sert de balancier pour équilibrer le corps lors des déplacements. Sa vitesse va de 15 à 55Km/h au maximum.

Girafes en pleine course dans le delta de l’Okavango.

Sa circulation sanguine et sa respiration sont à la mesure de sa taille et sont des chefs d’œuvre de la nature…

Belle et élancée, une girafe dans le bush du Botswana.

En raison des proportions de son cou, la girafe possède un système sanguin unique. Le cœur de la girafe pèse 11 kg (2% de son poids contre 0.5% chez l’homme ou le bœuf). Le cœur possède un myocarde renforcé et un ventricule gauche exceptionnellement grand. Il pompe 60 litres de sang et bat à 170 pulsations par minute, ce qui lui confère une pression artérielle double de celle de l’Homme. Il s’agit en effet de pouvoir irriguer en permanence le cerveau et donc d’amener le sang en haut d’un long cou.

Afin d’éviter la congestion cérébrale, la girafe dispose à la base du crâne d’un important réseau de vaisseaux très spongieux, capables de dériver et ralentir l’afflux de sang permettant ainsi à la girafe de se pencher sans problème.

Les artères du cou sont aidées par une série de muscles annulaires qui permettent de drainer le sang au cerveau. Inversement, lorsque la girafe baisse la tête pour boire, les neuf valvules de la jugulaire empêchent le sang de monter à la tête, ce qui entraînerait un voile rouge.

 

 

 

 

Dans la partie inférieure des pattes où la pression est énorme, un système de capillaires très résistants permet d’éviter les œdèmes fatals.

Son système sanguin a été étudié par les phlébologues de la Nasa qui, grâce à lui, ont pu réaliser la combinaison anti-G des pilotes et des astronautes..

Le rythme respiratoire de la girafe est 1,5 fois plus rapide que chez l’homme. Sa trachée, d’un diamètre d’environ 5cm est longue de plus de 2 mètres.

Les yeux de la girafe sont assez volumineux. L’animal possède une excellente vue.
L’ouïe est également très bonne, avec des oreilles qui bougent indépendamment l’une de l’autre. L’odorat est un peu moins développé.

La girafe est un ruminant et possède un estomac à 4 compartiments, elle passe à peu près le tiers de son temps à ruminer. Se nourrissant essentiellement de feuilles, la girafe mange aussi des fleurs, des gousses et des fruits. L’alimentation principale provient d’acacias, mais plus de 100 plantes peuvent entrer dans le régime alimentaire de la girafe.

La consommation de feuillage est de l’ordre de 34 kg par jour (jusqu’à 66 kg pour un mâle adulte).

Posture caractéristique de la girafe en train de s’abreuver .

Grace à leur langue préhensile, la plus puissante, la plus coriace et la plus longue (55 cm) parmi les ongulés et à une lèvre supérieure très mobile, elles collectent les fleurs et les feuilles des arbres avec une nette préférence pour l’acacia. Sa langue est bleu-noir afin d’être protégée des UV. Sa salive possède des propriétés antiseptiques afin de protéger la langue de la girafe des épines présentes sur certaines feuilles. Les girafes sucent et mâchent parfois des os pour un apport complémentaire en calcium et phosphore (surtout en saison sèche). Elles consomment également des sels minéraux issus du sol.

Elle ne se nourrit ou ne s’abreuve au sol qu’en écartant les pattes de devant ou en pliant les genoux.

 

 

 

Comportement

Assez grégaire, la girafe vit en troupeaux variables, non figés et non structurés. La composition des groupes de girafes est instable, ils se font et se défont au gré des rencontres. Ces groupes sont couramment de 10 à 20 individus (Mais il a été observé jusqu’à 70 girafes ensemble).

Après les naissances, les femelles et leurs jeunes se regroupent en harde, favorisant la surveillance et la défense vis à vis des prédateurs.

La girafe n’est pas un animal territorial.

Les girafes ne sont pas muettes, elles possèdent des cordes vocales. Elles peuvent émettre des infrasons (92Htz), des ronflements, des gémissements ou des sifflements en cas de stress.

La girafe communique plutôt par signes, mais aussi par voie tactile et chimique, pour cela, elle émet des odeurs plus ou moins fortes et plus ou moins nauséabondes. Celles-ci proviennent de glandes sébacées situées à la base des poils et dans le cuir de l’animal et sont constituées d’une dizaine de composés volatils.

Un comportement particulier : le necking

Chez les jeunes mâles immatures, ce ne sont que des frottements et entrelacements d’encolures, mais chez les adultes ces combats peuvent être très violents, entrainant des blessures ou des chutes.

Les mâles lancent leur tête comme un marteau. Avec l’âge, le crâne de la girafe mâle se densifie et devient plus massif, ce qui en fait une arme redoutable. Les coups sont portés n’importe où et le combat continue jusqu’à ce qu’un des deux adversaires se soumette ou s’éloigne. Ces combats ont pour but d’affirmer leur domination et permettent ainsi au vainqueur d’accéder aux femelles.

Les girafes dorment très peu, moins de 2 heures par 24 heures, et plus volontiers le jour, car elles peuvent continuer à surveiller l’horizon. En réalité, elles somnolent debout, les yeux grands ouverts et sur des périodes allant de 1 à 30 minutes d’affilée.

Reproduction

La girafe atteint sa maturité sexuelle vers l’âge de 4 à 5 ans pour le mâle et 3 à 4 ans pour la femelle qui reste féconde jusqu’à 20 ans environ. Pendant cette période, elle est réceptive tous les 15 jours. Les mâles testent l’urine des femelles pour s’informer de leur réceptivité sexuelle. Il se passe environ 20 à 30 mois entre deux naissances. Une girafe peut donner naissance à une dizaine de girafons au cours de son existence.

La vie de la girafe commence par une chute de 2,5 mètres lors de la mise bas. Le girafon pèse de 50 à 70 kg pour une hauteur de 2 mètres. Il nait avec le cou replié le long du corps, ce qui limite les risques de blessure lors de la chute.

Pour la mise bas, la femelle plie légèrement les pattes pour amortir la chute.

Les jeunes sont sur leurs pattes moins d’une heure après la naissance et sont rapidement aptes à courir pour suivre leur mère.

Les girafons grandissent d’environ 3 cm par jour et sont sevrés vers l’âge de 12 à 16 mois.

Environ 50% des nouveau-nés sont victimes des prédateurs, les lions et les hyènes.

Les prédateurs de la girafe

Les principaux prédateurs de la girafe sont les lions et les hyènes.

La grande taille de la girafe, sa bonne vue, sa vitesse et ses gros sabots en font une proie difficile. La girafe est cependant vulnérable lorsqu’elle boit.

En cas d’attaque, elle se défend des prédateurs avec des ruades et des coups de pieds. Lorsqu’elles sont avec leurs jeunes, elles se regroupent en terrain découvert.

A la vue d’un prédateur, les girafes se mettent en «arrêt» et regardent toutes dans la même direction. La queue à l’horizontal est un signe d’anxiété.

Conservation de l’espèce

Chassées, braconnées, subissant une forte pression anthropique qui réduit son territoire, les girafes sont menacées sur l’ensemble des zones qu’elles occupent.

En 30 ans, 40% des girafes ont disparu sur le continent africain selon une étude du National Geographic publiée en 2019.

Le 22 août 2019, les délégués de la CITES ont reconnu que la survie des girafes était menacée en l’ajoutant à l’index II des espèces menacées d’extinction.

Mythes et légendes

Dans la culture des San (bushmen) du Kalahari, la girafe est identifiée à la croix du Sud et offrit au soleil, qui se levait et se couchait de façon erratique dans les temps anciens et créait le chaos, de lui indiquer la bonne direction afin qu’il se lève à l’Est et de couche à l’Ouest.